du geste au souffle… face à l’inconnu

Quand je commence une pratique de yoga, posture et souffle, je prends appui sur le connu, les règles apprises, l’expérience, je m’applique du mieux que je peux, selon l’humeur du jour. C’est confortable, sécurisant, mais rien ne se passe de nouveau. Alors je me souviens de prendre conscience du souffle porteur du mouvement, de sentir concrètement leur présence vivante.
Il me faut un peu de temps pour être vraiment présent dans le corps, dans la vie du corps. Ça vient progressivement, le temps de descendre de l’étage supérieur pensant, jusqu’au lieu de vie. Le temps d’observer puis de sentir et finalement d’être là.
Le mouvement et le souffle s’apprivoisent mutuellement, je commence à me sentir entier. Le corps respire plus librement selon sa nature, content de se sentir pris en compte, en amitié.
Entre mouvement et respiration la colonne vertébrale révèle sa fonction de lien. Cage thoracique et abdomen se coordonnent. Grâce à la colonne, tête et bassin, entrent en relation vivante.
Une détente plus profonde apparaît, le souffle s’approfondit, s’allège, fait lien. Un dialogue s’installe entre toutes les parties. Entre Chandra, la lune, symboliquement la tête et Mula, le bassin notre racine dans la vie, apparaît une ouverture.
Me voilà libre face à l’inconnu. L’intuition s’invite, la créativité s’exprime, des idées de renouveau apparaissent, ou tout simplement je me sens bien et content.
De cette observation, puis-je décrire un processus d’ouverture :
Bouger pour apprendre à respirer. Respirer pour prendre conscience de la colonne vertébrale. Utiliser la colonne pour approfondir la respiration. Un souffle libre pour ouvrir la colonne. Colonne en lien entre ma profondeur et mon êtreté. Disponible pour faire face à l’inconnu, au renouveau.

